26/06/2005

Le voile agitateur?

SOCIÉTÉ
LLB 14.06.2003

Fantasmes, peurs et concessions, en Belgique, en France, en Turquie ou en Russie, le voile s'impose en «agitateur» et en catalyseur des discussions sur l'avenir des musulmans en Europe


MURAT DAOUDOV, membre du Conseil des Bruxellois d'origine étrangère (CBOE)

Le voile occupe ces derniers mois l'actualité de plusieurs pays, devenant le sujet de la controverse publique. Dans les écoles, la fonction publique ou sur les cartes d'identité il provoque des débats passionnés.

En Belgique, son irruption dans l'actualité avec la manifestation devant l'école Athénée Bruxelles II à Laeken en fera sans doute un des dossiers-test pour le nouveau gouvernement. De nombreuses filles musulmanes voilées et non se sont mobilisées pour protester contre l'interdiction du foulard jugée comme un signe de l'intolérance à leurs valeurs et la liberté de conscience. Loin d'être un élément de prosélytisme, le voile est pour elles un symbole de liberté et elles réclament le droit de vivre leurs particularités dans une société respectueuse de sa diversité.

L'initiative d'interdire le foulard dans les écoles a inévitablement blessé les susceptibilités de nombreux musulmans. Au-delà d'une simple question qui relève de l'ordre intérieur scolaire, elle s'inscrit pour eux dans la politique qui les vise et cherche à limiter leurs acquis sur fond de la montée de l'islamophobie. Et dans l'absence de véritable dialogue, les questions comme celle du voile deviennent vite des champs d'affrontement pour des camps opposés.

Des deux côtés, c'est la peur. La peur des concessions. De côté des musulmans, la peur de voir venir d'autres mesures discriminatoires, de côté des autorités l'inquiétude, même si camouflée, de céder devant «la montée de l'intégrisme». Après le foulard, quelles seront les mesures ou exigences suivantes? Le foulard pourrait-il devenir un casse-tête futur pour le gouvernement et la manifestation à Laeken en est-elle un signe précurseur? Il semble bien que oui.

Mais la Belgique n'est pas seule à affronter ce dossier épineux. Le voile a constitué une épreuve importante devant le gouvernement turc du parti AKP («islamistes modérés» ou «conservateurs démocrates» selon les uns ou les autres). La question du voile provoque des tensions et le parti au pouvoir a dû vivre une véritable crise en avril dernier, quand le président de la République, le chef de l'état-major et des hauts bureaucrates ont boycotté la réception officielle au parlement à l'occasion de la fête nationale. En cause: les épouses voilées des responsables du parti au pouvoir. Au yeux des défenseurs de la laïcité stricte, le nouveau gouvernement veut «détourner la Turquie de la voie de modernisation et l'éloigner du monde civilisé» en banalisant le voile dans l'administration. «Le sommet de l'Etat s'est heurté au foulard» a ironisé un journaliste. Le président du parlement turc (membre de l'AKP), au centre des critiques émanant de la presse pro «kémaliste», s'est vu attribuer par les médias la phrase «le vrai danger est le décolleté (et pas le voile)». Même s'il l'a démentie, cette phrase illustre bien à quel point l'habillement est devenu le symbole des camps opposés en Turquie.

Là aussi, les adversaires se défendaient avec ardeur. Alors que les uns voyaient dans l'irruption du voile une tentative de remise en cause du caractère laïc de l'Etat, les autres arguaient que la Turquie de XXIe siècle devait dépasser les vieux fantasmes de la «menace intégriste». Remarquablement, les camps se référaient tous les deux à l'Occident: quand les «conservateurs musulmans» se référaient aux Etats-Unis (le Premier ministre Erdogan n'avait-il pas dû y envoyer ses filles à l'université, car voilées, elles ne pouvaient pas étudier dans leur pays?), les fervents défenseurs de laïcité s'inspiraient de la France où la volonté d'interdire le port du voile ravivait aussi des débats passionnés.

Dans l'Hexagone, le «problème du foulard» a vu officiellement le jour voici près de quatorze ans, mais s'est reposé avec une certaine acuité devant le nouveau gouvernement. Le Premier ministre Raffarin venait d'achever un chantier important, celui de création du Conseil français du culte musulman (CFCM). Naissant dans un contexte chargé, cet organe, sans avoir le temps de se consolider, doit affronter ce dossier «foulard» à caractère passionnel. Plusieurs projets de loi visant à interdire le voile dans la fonction publique et les écoles sont déposés et le Premier ministre Raffarin déclarait à la télévision être favorable à l'interdiction. Comparé à lui, le ministre de l'intérieur Sarkozy, qui veut éviter de «rallumer les guerres de religion» , est parfois qualifié de plus modéré et nuancé par des responsables musulmans, même s'il a rappelé en avril dernier l'obligation de figurer tête nue sur les cartes d'identité. Enfin, le président Chirac ne s'est pas non plus esquivé du débat en prônant la nécessité d' «une solution de sagesse» .

Les acteurs concernés, les hommes politiques, les enseignants, les intellectuels... tous participent à la polémique. Alors que les uns qualifiaient le port du voile d'un « acte politique redoutable» et y voyaient «l'émergence du mouvement fondamentaliste» , les autres le défendaient au nom de la tolérance, de respect du pluralisme et mettaient en garde contre toute démarche qui «alimenterait chez les musulmans le sentiment de victimisation» . Symbole de prison pour les femmes selon les uns, le voile est pour d'autres un élément important de la liberté de conscience.

Là, en France aussi, la peur des concessions hantait. L'éditorialiste du Nouvel Observateur l'a exprimée avec clarté: «Artificielle, cette affaire de voile? Ne vous y trompez pas! Elle est lourde en symboles. Des musulmans français, hier silencieux, aujourd'hui le disent: c'est un test pour la République. Elle résiste ou elle cède. Et elle aura, alors, à céder sur autre chose» .

Des problèmes semblables risquant de resurgir avec les communautés musulmanes de plus en plus nombreuses en Europe, ils doivent être étudiés en profondeur et nécessitent des solutions «de sagesse» si on veut privilégier la coexistence harmonieuse au sein des sociétés pluralistes. Car au-delà de tout aspect administratif/juridique de l'affaire du voile, c'est bien cela qui est sur la table. Le choix est ici entre l'approche nuancée et de la logique de l'exclusion, l'«interdictionnisme».

Ainsi, le foulard n'est qu'un catalyseur des discussions sur l'avenir des musulmans en Europe. Le débat passionne, mais se heurte pour l'instant à la logique d'interdiction simple. Dans ce contexte, la récente décision de la Justice russe constitue un exemple intéressant. Saisie par plusieurs musulmanes contre les dispositions interdisant les photos «voilées» sur les passeports, la Cour Suprême russe avait débouté cette requête en mars 2003 en arguant que l'Etat russe était laïc et que «le Coran n'était pas une source des lois» . La société russe vit aussi des débats ardents sur le sujet. Les plaignantes ayant interjeté appel, la Cour Suprême a rendu en mai une nouvelle décision, cette fois favorable. Qualifiée de «victoire sans précédent» par les responsables religieux musulmans russes, elle apparaît telle une preuve de tolérance plutôt qu'une concession au fondamentalisme religieux. Mais tous ne sont pas convaincus. Ainsi, selon le sondage de la radio moscovite «Echo de Moscou», 64 pc de ses auditeurs la désapprouvent. Néanmoins, cette décision a suscité l'intérêt de la presse turque «conservatrice» qui n'a pas manqué de la répercuter. Elle estime sans doute qu'elle pourrait être un exemple pour son pays comme pour les autres.

A voir, évidemment.

© La Libre Belgique 2003


http://www.lalibre.be/article.phtml?id=11&subid=118&art_id=120650

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AKP se tourne vers les Turcs de l'Europe

L’AKP, le parti au pouvoir à Ankara a secoué l’actualité en Turquie en voulant d’un côté renouer les liens avec l’organisation européenne de Milli Görüs et d’un autre côté en cherchant à lui trouver une alternative.

Par Murat Daoudov, 21 avril 2003

DIRECTIVE AU SUJET DE MILLI GÖRÜS SUSCITE LA POLEMIQUE

Plusieurs quotidiens turcs ont participé à la polémique suscitée par la directive du ministre turc d’affaires étrangères Abdullah Gül, adressée aux ambassades turques à l’étranger, qui les invitait à renouer les contacts avec les milieux de Milli Görüs et de Fethullah Gülen. Alors que les journaux comme AKSAM et SABAH affirmaient que la directive mentionnait explicitement l’organisation de Milli Görüs et les écoles dites " de Fethullah Gülen ", d’autres comme ZAMAN et STAR parlaient plutôt de l’allusion à ces organisations faite dans ladite directive. Quoi qu’il en soit, elle a provoqué les remous dans le camp des " laïcs " qui sont très sensibles à toute tentative de réhabilitation des organisations musulmanes turques basées en Europe (notamment Milli Görüs, perçue comme ennemi du système, et les fondations proches du mouvement de Fethullah Gülen, chef spirituel d’une grande confrérie tombée depuis dernières années en défaveur d’Ankara).

Ministre Gül, qui dans sa concurrence avec Necmettin Erbakan, le leader spirituel du mouvement Milli Görüs vise, selon le journal SABAH, à renforcer les positions du parti AKP auprès des milieux conservateurs musulmans, a donné le 16 avril dernier le signal aux ambassades à l’étranger de renouer et renforcer les contacts avec Milli Görüs. La fin du délai de déchéance des droits civiques de Necmettin Erbakan et son retour à la vie politique active inquiète la direction du parti au pouvoir. La visite récente de ministre d’Etat chargé des affaires religieuses (qui cumule ce mandat avec les affaires touchant aux communautés turques et turcophones) Mehmet Aydin en Allemagne serait à l’origine de cette initiative, car ce dernier y a dû écouter les griefs des dirigeants de Milli Görüs qui se plaignaient d’être négligés et ne pas être admis comme interlocuteurs par les ambassades. Le ministre Aydin de son retour à Ankara en a fait le rapport au gouvernement, qui lui a voulu remédier à cette situation.

Interrogé au sujet de la directive, le ministre Gül a tenté de minimiser l’importance de la directive en disant qu’elle n’était pas la première de ce genre (" une routine ") et que la tradition de conseiller aux missions diplomatiques à l’étranger de se rapprocher avec les communautés turques existait déjà. Mais ici, le gouvernement a surtout voulu prévenir que les organisations des ressortissants turcs, négligées jusqu’ici par l’Etat, soient poussées dans leur isolement vers d’autres organisations et d’autres Etats. " Le but est de les rendre fidèles à l’Etat turc ". Pour Abdullah Gül, il va de soi que les ambassades suivent de près les formations qui sont manifestement hostiles à la Turquie, mais les organisations qui ne sont pas dangereuses (comme MG et autres), il ne faut pas les rejeter et pousser vers les autres. " Sinon, les services de renseignement et d’autres organisations veulent les manipuler. Et là on perd des grandes masses. Ceci est également valable pour les organisations de gauche et même pour certaines associations des Alevis (minorité religieuse en Turquie) ". Ministre Gül, répondant au quotidien SABAH sur la reconnaissance de MG comme organisation extrémiste et terroriste dans le cadre de l’accord avec l’Allemagne, a rappelé qu‘il était " un de ceux qui connaissaient de près l’organisation de Milli Görüs. Si elle va soutenir les terroristes, nous n’allons pas tolérer cela. Il ne faut oublier pourquoi nous l’avions quittée et créé un parti politique différent ".

Le porte-parole du ministère turc d’affaires étrangère Hüseyin Diriöz a fait un communiqué de presse dans lequel il a défendu la dernière directive, qui comme les précédentes visait à " rapprocher les compatriotes et l’Etat ". Sans oublier de souligner que l’Etat se positionnait de manière neutre et observait la même distance avec toutes les organisations, sans faire de distinction sur base de religion, race où origine géographique. Le communiqué a également fait le point sur les écoles, qui fonctionnaient selon les législations des pays d’accueil et en conformité avec les règles sur place, et que les relations entre elles et les missions diplomatiques turques s’entretenaient dans le cadre des principes décrits plus haut. Selon le journal AKSAM, la directive en question demandait aux ambassades de traiter les écoles des fondations proches de Fethullah Gülen (dites " les écoles des Nurcular ") comme des établissements officiels.

Le premier ministre Erdogan n’a pas échappé lui non plus aux interpellations dans ce dossier brûlant. Invité de la télévision ATV, il a déclaré que ladite direction ne citait aucune organisation en particulier, mais toutes les organisations non dangereuses. " Pourquoi nos ambassades ne seraient-elles pas en bon contact avec les formations qui ne sont pas impliquées dans les activités terroristes et qui défendent les intérêts de notre pays ? " a-t-il dit.

" Il y a beaucoup d’organisations des travailleurs turcs à l’étranger. Si elles fonctionnent bien, c’est notre avantage. Mais nous n’avons pas su jusqu’aujourd’hui profiter de cet avantage. Il faut que nous soyons en contact continu avec ces formations. Et peut-être elles vont nous aider à avoir un impact sur les administrations des pays d’accueil. Elles doivent s’intégrer aux pouvoirs centraux et locaux de ces pays, et pour cela elles doivent se coordonner. Mais nos ambassades se plaignent de ne pas pouvoir réunir ces associations. Il faut que nous les réunissions pour le bien de nos compatriotes là-bas et peut-être nous aurons ainsi la possibilité de les propulser aux parlements sur place. "

AKP VEUT UNE ALTERNATIVE A MILLI GÖRÜS

Selon les journaux turcs STAR, AKSAM et MILLIYET, les dirigeants du parti AKP, secoués par la crise liée à l’inclusion de l’organisation Milli Görüs dans la liste des organisations terroristes et dangereuses en Allemagne et par les réactions tant de la part du parti Saadet (SP, le parti de Necmettin Erbakan) que de sa propre base, envisagent de créer parmi les Turcs de l’Europe une formation qui serait une alternative à l’organisation de Milli Görüs. Pour rappel, Milli Görüs avait été inclue dans la liste des organisations terroristes et dangereuses dans le cadre de la Convention entre l’Allemagne et Turquie pour coopération en matière de la sécurité, mais en a été exclue suite aux discussions qui ont eu lieu au sein du parti AKP. Le premier ministre turc Tayyip Erdogan a expédié le vice-président de son parti, chargé des relations extérieures, Saban Disli en Allemagne. Le choix de la ville de Cologne ne doit rien au hasard, c’est le fieffe de la Milli Görüs européenne. Il est chargé de préparer la base pour une ouverture de la représentation de AKP et soumettre son rapport à son président.

Mais le vrai but de cette action est, selon les quotidiens turcs, de préparer le terrain pour attirer la base de MG et la " libérer " de l’influence de Necmettin Erbakan. La plupart des membres de la MG qui compte encore 85 mille d’affiliés et qui est la plus importante organisation des musulmans turcs en Europe, sont favorable à l’ancien président du pari REFAH Necmettin Erbakan.

Surtout après la signature par le premier ministre Erdogan de la convention avec l’Allemagne, qui entre autres, reconnaissait la MG comme une organisation dangereuse, l’AKP a subi des réactions de la part de la Milli Görüs et de sa propre base. Les membres de Milli Görüs, qui lors des élections du 3 novembre dernier ont voté majoritairement en faveur de l’AKP, ont tendance d’entourer Necmettin Erbakan depuis que ce dernier s’est relancé en politique. Erdogan tente, en envoyant Saban Disli en Europe, de regagner les cœurs des sympathisants de Milli Görüs.

Saban Disli, chargé de la mission de préparer le terrain pour une organisation qui représenterait l’AKP, passera après Cologne à Stuttgart, Berlin, Munich. Il a été appris que sur le plan structurel l’organisation ne sera pas une fondation ou association, mais plutôt une représentation. Au même temps, le journal MILLIYET évoque " l’Union " ou " l’Association des Démocrates Conservateurs " comme probable appellation de la nouvelle structure. Les représentations extérieures, qui sont prévues dans les statuts du parti, vont ouvrir, d’après la presse turque, dans les pays où il y une communauté turque, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en France, en Suisse et en Suède. Dans un deuxième temps elle vont ouvrir dans plusieurs pays allant des USA et Grande-Bretagne jusqu’à l’Afghanistan, l’Irak et l’Indonésie, sans oublier les pays de l’Asie centrale. Elles seront chargées des activités de lobbying et de propagation de la vision de l’AKP parmi les Turcs à l’étranger.

Murat Daoudov

publié sur www.Suffrage-Universel.be

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PORTRAIT : Murat Daoudov

Quand Murat Daoudov quitte la Tchétchénie, son pays natal, en 1993, pour aller étudier à l'université d'Istanbul, il ignore qu'il s'agit pratiquement d'un aller sans retour pour l'Occident, et que commence pour lui une autre vie, à la fois très enrichissante et très éprouvante.

En 1994, la guerre éclate en Tchétchénie. Il milite activement contre cette guerre, mais il se voit contraint de quitter la Turquie, en compagnie de sa femme, pour la Belgique où il arrive début 1998 et demande l'asile politique. De la Belgique, il connaît d'abord les centres de réfugiés de la Croix Rouge, où il apprend le français avec des réfugiés rwandais. La famille Daoudov, la première famille tchétchène dans la capitale, s'installe à Bruxelles, où ils se sentent tout de suite " chez eux ", en raison du caractère cosmopolite et multiculturel de la ville.

Très vite, Murat décide de s'impliquer dans la vie associative et sociale. Ayant lui-même réussi à se trouver une place dans notre société, il décide d'aider ceux qui ont plus de difficultés à le faire : il les épaule dans leurs démarches avec l'administration, les CPAS, les hôpitaux, les propriétaires…

Et puis, en 1999, une nouvelle guerre éclate en Tchétchénie, plus violente encore que la première. Mû par le sentiment de solidarité et le devoir d'agir, Murat se bat pour rompre le silence qui entoure ce drame en Europe, et en Belgique en particulier. Ensemble, nous créons le Comité Tchétchénie Belgium, qui sera soutenu par des personnalités du monde politique, culturel, associatif, … et mènera diverses actions pour sensibiliser les dirigeants, les médias et le grand public.

Tout en menant ce combat pour son pays d'origine, Murat continue son intégration dans la société belge.

Après diverses expériences dans la vie associative, il devient le premier membre issu des anciennes républiques soviétiques au sein du Conseil des Bruxellois d'Origine Étrangère, un organe de la Ville de Bruxelles.

Lors du Sommet européen de Laeken de décembre 2001, il est engagé par le Service de la Jeunesse comme chef d'équipe des stewards de la Ville de Bruxelles, chargés d'encadrer les dizaines de milliers de manifestants rassemblés dans les rues de la Ville et de prévenir tout dérapage.

Murat s'investit également dans la vie de son quartier. Il participe activement à la création et à la gestion de l'asbl " Adultes de Quartier-Laeken ". Cette asbl s'organise pour que de petits groupes d'adultes puissent sillonner le quartier à la nuit tombée, pour éviter que les jeunes traînent dans les rues, avec tout ce que cela comporte comme risque de petite délinquance.

La solidarité, la famille de Murat essaie également de la vivre en son sein, au quotidien. Elle s'est en effet proposée comme " famille d'accueil " à Bruxelles, pour recueillir des enfants qui se retrouvent sans abri suite à une situation imprévue (accident des parents, parents alcooliques,…) et à qui il faut trouver une famille d'accueil pour quelques jours, le temps que les autorités compétentes apportent une solution durable au problème.

5 ans à peine après son arrivée en Belgique, dans des conditions difficiles, Murat est un exemple parfait d'intégration réussie. La Belgique lui a beaucoup donné, mais il le lui rend bien. Et son désir de " servir " sa seconde patrie est plus grand encore depuis qu'il a reçu le statut de réfugié politique en décembre dernier, après des années de démarches laborieuses.

(georgesdallemagne.be, février 2003 )